Skatepark de La Motte-Servolex : quatre ans pour y arriver
Le chantier a démarré le 7 avril 2026. Derrière cette date, quatre années de dossiers, de patience — et une commune qui a joué le jeu. Récit d'un projet porté par des riders avec la Ville de La Motte-Servolex.
Quand RIDEART se déclare en association loi 1901, en novembre 2021, le constat qui réunit les quatre fondateurs est simple : on ne peut pas apprendre à rider correctement dans le bassin chambérien. Les équipements existants sont vieillissants, parfois carrément impraticables. Sur le skatepark de La Motte-Servolex, des blocs de béton bloquent purement et simplement l'accès à certains modules.
Le projet de l'association tient alors en une phrase : obtenir des infrastructures dignes de ce nom. Ce qui suppose de convaincre des collectivités, dossier après dossier.
2022 — Les premières portes qui s'ouvrent
Janvier 2022 : première réunion avec le service des sports de Chambéry. Les élus écoutent et demandent un dossier détaillé. En mars, rencontre décisive à La Motte-Servolex avec Luc Berthoud, maire de la commune, et trois de ses collaborateurs.
La surprise vient de leur côté : l'idée d'un vrai équipement leur trottait déjà dans la tête. Là où beaucoup d'associations se heurtent à une fin de non-recevoir, RIDEART trouve une équipe municipale déjà convaincue. Un prochain rendez-vous est pris avant même la fin de la réunion.
Surtout, la commune ne se contente pas d'acquiescer : elle écoute ce que les riders décrivent. Quels modules manquent, pourquoi une zone débutant est indispensable, ce qui rend un spot praticable ou dangereux. Ces retours de terrain se retrouvent, quatre ans plus tard, dans les plans du skatepark.
En mai, un devis de rénovation est validé. En juin, une entreprise mandatée par la mairie intervient : les blocs de béton disparaissent, le skatepark redevient praticable. C'est ce qui permet d'y organiser, le 27 août, le tout premier Ride Contest — environ 500 personnes sur la journée. Sans cette intervention rapide de la commune, l'événement n'aurait tout simplement pas pu avoir lieu.
En juillet, une réunion se tient directement sur le skatepark pour préparer ce contest. C'est une méthode de travail qui se maintiendra pendant quatre ans : des élus qui se déplacent sur le terrain.
En novembre, la discussion passe à l'échelle supérieure : un projet de 1 400 m², street, bowl et zone débutant.

2023-2024 — Les années difficiles
Puis vient le temps long des collectivités. Côté Chambéry, une réunion en novembre 2023 fait le constat qu'en un an, rien n'a bougé malgré les relances. Le contraste est net avec La Motte-Servolex : l'année y est laborieuse aussi, mais la commune ne lâche pas le dossier et nomme un chargé de projet dédié.
C'est là que se joue la différence entre une mairie qui écoute poliment et une mairie qui écoute vraiment. Nos six réunions successives avec les équipes de Luc Berthoud, entre 2022 et 2024, ont toutes débouché sur une étape concrète — un devis, une étude, un budget, un chargé de mission. Et à chaque fois, nos remarques de pratiquants ont été reprises dans le dossier suivant.
2024 marque la bascule. Études de sol, échanges avec une maîtrise d'œuvre et un constructeur de skatepark, budget, plans : en janvier, les cartes passent dans les mains de la commune. En février, en revanche, les élus chambériens expliquent qu'il est très compliqué de toucher au skatepark du Verney, dont l'emprise dépend de la gare routière. Frustration — atténuée par la découverte d'un autre espace, potentiellement mobilisable d'ici quelques années.
On a compris une chose : ces dossiers ne se gagnent pas en une réunion. Ils se gagnent en revenant, encore et encore. Mais il faut aussi quelqu'un en face qui ouvre la porte — et à La Motte-Servolex, elle est restée ouverte pendant quatre ans.
2026 — Les travaux démarrent
Le 4 avril 2026, l'association démonte la mini-rampe du skatepark de La Motte-Servolex pour lui éviter la déchetterie. Elle part chez des riders d'Annecy, qui lui offrent une seconde vie. Trois jours plus tard, le 7 avril, les travaux démarrent.
La livraison est prévue à l'été 2026. Pour les adhérents, ça change tout : les cours de roller et de trottinette freestyle, jusqu'ici contraints par l'état du terrain, vont enfin se dérouler sur un équipement conçu pour apprendre.
Le chantier, cet été
Le bowl est coulé, les modules street sont posés, les rails et les coping en acier galvanisé arrivent par palettes. Voici où en était le chantier en août 2026.




Après quatre ans de réunions, voir une pompe à béton remplir le bowl a quelque chose d'irréel. C'est le moment où un dossier devient un terrain.
Merci à la Ville de La Motte-Servolex
Ce skatepark n'existerait pas sans l'engagement de la commune. Nous tenons à remercier Luc Berthoud, maire de La Motte-Servolex, ainsi que ses équipes et le conseil municipal, pour quatre années d'écoute et d'action.
Une association peut porter un projet, réunir des arguments et mobiliser des riders. Elle ne peut ni financer un équipement de cette ampleur, ni le construire. À un moment, il faut une collectivité qui décide d'investir dans une pratique encore trop souvent reléguée au rang de nuisance.
La Motte-Servolex l'a fait — et surtout, l'a fait avec nous. À chaque étape, nos besoins de pratiquants ont été entendus : le dimensionnement, le choix des modules, la zone pour les débutants, l'implantation. Nous n'avons pas été consultés pour la forme, nous avons été écoutés. Pour une association de glisse urbaine, c'est suffisamment rare pour être souligné.
C'est un précédent qui compte bien au-delà de la commune : il démontre qu'un dialogue sérieux entre une mairie et ses jeunes pratiquants aboutit à des équipements utiles.
Ce que ça dit du travail associatif
Quatre ans, une quinzaine de réunions, des dossiers techniques, une déambulation dans Chambéry, deux tombolas pour financer la trésorerie. Rien de spectaculaire pris isolément. Mais c'est ce qui sépare une bonne intention d'un équipement en béton.
Le combat continue côté Chambéry, où le skatepark du Verney attend toujours sa rénovation. Si vous voulez peser avec nous, l'adhésion coûte 5 € par an.